- L'indemnité de bureau : un forfait précis, pas un geste commercial
- Le matériel et la connexion suivent une autre logique
- Ce que votre avenant devrait dire
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Le télétravail structurel fait partie du quotidien de centaines de milliers de salariés belges, mais la question du partage des frais reste floue pour beaucoup. Certains reçoivent une indemnité mensuelle sans savoir ce qu'elle couvre. D'autres paient leur abonnement internet, leur électricité et l'usure de leur propre ordinateur sans se demander si l'employeur devrait intervenir. Les règles existent pourtant, et elles sont chiffrées.
L'indemnité de bureau : un forfait précis, pas un geste commercial
Depuis le 1er mars 2026, un employeur peut verser une indemnité forfaitaire de bureau allant jusqu'à 160,99 euros par mois. Ce montant, indexé, est accepté par l'ONSS et par le fisc : il échappe aux cotisations sociales et au précompte professionnel, à condition de respecter le cadre prévu.
La condition principale tient au rythme de travail. Le télétravail doit être structurel et régulier, c'est-à-dire représenter en moyenne l'équivalent d'une journée par semaine, évaluée sur une base mensuelle. Ces modalités figurent dans un avenant au contrat de travail. L'employeur peut accorder moins que le maximum, et il n'est pas obligé de proratiser le montant pour un travailleur à temps partiel.
Ce forfait couvre les petites dépenses récurrentes du travail à domicile :
- l'usage d'un espace de bureau dans le logement, loyer et amortissement éventuels compris
- les fournitures de bureau et le petit matériel d'impression, comme le papier ou l'encre
- l'eau, l'électricité et le chauffage
Une précision utile : si l'indemnité versée dépasse le plafond sans justificatifs, la partie excédentaire devient imposable.
Le matériel et la connexion suivent une autre logique
L'ordinateur, la connexion et les outils logiciels ne relèvent pas de ce forfait. Pour le télétravail structurel, la convention collective n° 85 impose à l'employeur de fournir l'équipement nécessaire, de l'installer et de l'entretenir, et de prendre en charge les coûts de connexion et de communication. Si le travailleur utilise son propre matériel, les frais d'installation des programmes, de fonctionnement, d'entretien et d'amortissement restent à charge de l'employeur.
C'est aussi dans cette catégorie que tombent les outils d'accès sécurisé. Quand une entreprise déploie un vpn entreprise pour que ses collaborateurs se connectent aux ressources internes depuis leur domicile, il s'agit d'une dépense propre à l'employeur, au même titre que le portable professionnel. Le travailleur n'a pas à la financer sur son indemnité de bureau, et l'entreprise garde la main sur les accès puisqu'elle administre elle-même les comptes et les autorisations. La logique est la même que pour le téléphone de service : l'outil sert le travail, donc il est payé par celui qui l'organise.
À côté du forfait de bureau, l'ONSS et le fisc admettent des montants complémentaires, cumulables avec lui :
- 20 euros par mois maximum pour l'usage professionnel d'une connexion et d'un abonnement internet privés
- 20 euros par mois maximum pour l'usage professionnel d'un ordinateur privé avec ses périphériques
- ou, à défaut d'ordinateur privé, 5 euros par mois par appareil pour un deuxième écran, une imprimante ou un scanner personnels, avec un plafond de 10 euros par mois pendant trois ans au maximum
Ces deux derniers forfaits ne se cumulent pas entre eux. Et comme le forfait internet est plafonné à 20 euros alors que la facture réelle dépasse souvent ce montant, il vaut la peine de vérifier ce que vous payez : nos comparatifs d'abonnements internet en Belgique donnent un point de repère sur les tarifs actuels.
Ce que votre avenant devrait dire
Le télétravail structurel repose sur un accord écrit. C'est là que se règlent les points concrets : le nombre de jours prestés à domicile, le matériel mis à disposition, la nature des frais remboursés et leur montant. Le SPF Emploi rappelle les obligations issues de la convention n° 85, qui s'appliquent au secteur privé.
La distinction avec le télétravail occasionnel a une conséquence financière directe. Dans ce second cas, encadré par la loi de 2017 sur le travail faisable et maniable, l'employeur n'est pas tenu d'intervenir dans les frais. Deux personnes qui travaillent le même nombre de jours à la maison peuvent donc se retrouver dans des situations très différentes selon la manière dont leur régime a été formalisé.
Si votre avenant reste muet sur le matériel ou sur la connexion, c'est le point à soulever en premier lors de votre prochain entretien. Une indemnité de bureau généreuse ne compense pas l'absence d'un ordinateur professionnel et d'un accès sécurisé aux données de l'entreprise, parce que ces deux éléments relèvent d'obligations distinctes.
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Cet article a été publié dans le cadre d'un accord commercial.